Pareil, mais différent : un voyage en Inde. Article de blog de Heidi Wenninger, T&S Brass

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Pareil, mais différent : un voyage en Inde. Article de blog de Heidi Wenninger, T&S Brass
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Article de blog rédigé par Heidi Wenninger, coordinatrice marketing international chez T&S Brass, partenaire corporatif de l'UI qui réalise un travail humanitaire international extraordinaire.

C'était mon troisième voyage en Inde. Je connaissais les procédures des contrôles de sécurité dans les aéroports indiens. Je savais qu'il fallait utiliser de l'eau en bouteille pour se brosser les dents, se laver les mains très soigneusement et ne rien manger de cru ni d'autre que l'on n'avait pas épluché soi-même. Je savais qu'il fallait faire attention aux contacts physiques entre hommes et femmes et m'habiller convenablement. J'étais préparée aux longues heures passées à rouler lentement dans une circulation chaotique, avec des voitures et des scooters bondés de familles entières de cinq personnes, sans casque et sans limite d'âge apparente. Je connaissais l'humidité et les jeunes enfants qui frappaient aux vitres pour demander de l'argent quand la voiture était arrêtée.

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Mais lorsqu'un pays compte près de 1,4 milliard d'habitants, est-il possible d'y aller sans rien apprendre ni voir de nouveau ? Parfois, on apprend sans même s'en rendre compte, mais d'autres fois, on apprend quelque chose d'inoubliable.

Je me rendais en voiture à un parc des expositions pour installer notre stand lors d'un salon professionnel à Delhi. Le regard perdu par la fenêtre, j'observais les gens, le paysage. Les vaches en liberté sur les routes n'avaient rien d'exceptionnel ; pas plus que les routes en chantier, parfois jonchées de détritus, ou encore les cabanes et les abris qui servaient d'habitations, bordant ces grandes routes poussiéreuses et très fréquentées.

 _39_https://ui-old.mysites.io/wp-content/uploads/2019/09/sunaayy2.jpgArrêtée à un feu rouge, j'ai aperçu un petit garçon qui ne devait pas avoir plus d'un an et demi. Il marchait déjà, mais d'une manière encore un peu hésitante, comme s'il venait tout juste d'apprendre. Il était adorable et ses frères et sœurs sautaient autour de lui et jouaient avec lui. C'était une scène joyeuse.

Mais ce n'est pas cela qui m'a le plus touchée. Ce n'était pas qu'il se déplaçait en titubant sans pantalon, ni même qu'il ne portait pas de couche. Ce qui m'a frappée, c'est que sa famille vivait là. Sous un pont, sur le trottoir, dans une cabane de fortune à même le bitume, à côté d'une route très fréquentée par les Indiens. Dans leur innocence et leur pureté d'enfants, lui et ses frères et sœurs jouaient encore tout simplement, là où c'était normal pour eux.

Élever des enfants est un travail difficile, mais comment y parvenir quand on vit dans la rue, sans chambre pour son enfant, sans couches, sans eau courante ni savon pour se laver les mains, sans tétines, sans couvertures propres et douces ? Il faut alors composer avec les moustiques porteurs de nombreuses maladies, comme le paludisme, la dengue, le Zika, le chikungunya et même l’encéphalite. Sans parler de la saleté et de la poussière soulevées par les pots d’échappement des voitures et des scooters. Et puis, il y a la saison des pluies et la mousson. Sans oublier tous les animaux susceptibles de vous piquer.

Comment apprendre à un enfant à ramper s'il risque de se cogner la tête sur le trottoir ? Comment le garder propre s'il vous urine ou fait ses besoins partout ?

Apparemment, on y arrive tout simplement.

Bien que beaucoup de gens détestent les embouteillages, lorsque je voyage pour le travail, cela ne me dérange jamais. Au contraire, cela me donne l'occasion d'observer les gens dans un cadre plus authentique qu'à un salon professionnel, où chacun se comporte de manière guindée. On voit des visages souriants et rieurs, parfois on a l'impression que des hommes marchandent ou négocient le prix sur les marchés, en hochant la tête à l'indienne. On observe leurs vêtements, leur démarche, on regarde leurs visages.

Observer les gens permet d'en apprendre davantage sur eux. On dit que 93% de tout ce que nous disons est communiqué de manière non verbale : notre langage corporel, nos expressions faciales, le ton de notre voix, etc. Ainsi, en étant attentif, on peut percevoir ce que les gens expriment.

Au premier abord, vous ne prêterez peut-être pas attention à leurs visages ni à leur langage corporel. Vous ne verrez peut-être que les routes, les bâtiments. Vous ne remarquerez peut-être que ce qui est le plus différent de vous et tout ce que vous ne comprenez pas. Mais si vous vous arrêtez un instant, vous commencerez aussi à percevoir les similitudes.

La douceur entre une mère et son bébé, des garçons qui jouent à chat, des hommes qui rient.

Affirmer que le monde se ressemble de plus en plus me semble inexact. Bien que nous partagions tous de nombreux points communs, notamment les émotions fondamentales telles que la colère, le dégoût, la peur, la joie, la tristesse et la surprise, ainsi que les besoins humains essentiels liés à la santé, la sécurité, l'amour, l'appartenance, l'estime de soi et l'accomplissement de soi, nous restons profondément différents. Certes, nous cherchons tous des solutions aux problèmes universels auxquels l'humanité est confrontée : la faim, le logement, les aléas climatiques, la sécurité, etc. Mais n'est-ce pas justement ce qui fait le charme des voyages : les différences entre les peuples – leurs langues, leurs cultures, leurs cuisines, leurs vêtements et leurs comportements – qui les distingue ? Quitter son quotidien pour voyager, explorer et découvrir comment d'autres surmontent les mêmes obstacles est un véritable cadeau. Certes, cela peut entraîner une bonne dose de “ tourista ” (l'équivalent indien de la turista), mais si la nourriture était vraiment délicieuse, n'en valait-elle pas la peine ?

En matière de nourriture, je pense qu'il est très enrichissant de faire preuve d'ouverture d'esprit. On n'est pas obligé d'aimer tout ce qu'on nous propose, mais il est généralement préférable d'y goûter. On pourrait être surpris. Avec cette ouverture d'esprit, le monde paraît beaucoup moins effrayant. Qui sait, vous pourriez même apprécier le tofu au sang ou les raviolis au foie ?

Quel que soit votre niveau d'expérience ou vos craintes, il est important de se rappeler qu'il est impossible de tout apprendre, de tout voir et de tout faire. Il est également essentiel de voir au-delà des difficultés rencontrées par les gens et des problèmes existants, et de se concentrer sur le bien qui se fait et se produit autour de vous.

À titre d'exemple, la Fondation Sunaayy, une organisation indienne à but non lucratif, aide les enfants défavorisés âgés de 3 à 12 ans à recevoir une éducation de base comprenant l'apprentissage de la lecture et de l'écriture en hindi et en anglais, les notions d'arithmétique, ainsi que des cours d'hygiène personnelle, d'éducation physique, de sciences sociales et d'arts plastiques. Les enfants sont assis sur des couvertures à même le trottoir, à l'abri de la pluie grâce à des bâches.

Lors de mon dernier voyage en Inde, mon collègue Rajesh et moi avons rendu visite aux enfants de la Fondation Sunaayy, que T&S Brass soutient en tant que sponsor. Nous pensions leur apporter un goûter et, en bons parents responsables, nous avions surtout opté pour des biscuits et des barres de céréales saines. À notre grande surprise, certains enfants ont boudé en acceptant de recevoir quelque chose de sain plutôt que des bonbons ou du chocolat.

Cela me fait encore sourire aujourd'hui, car les enfants sont des enfants. Le fait que certains aient été un peu grognons et difficiles concernant un cadeau montre que la Fondation Sunaayy prend bien soin d'eux. Ils reçoivent ce dont ils ont besoin pour pouvoir ensuite bouder à nouveau parce qu'ils n'ont pas eu de bonbons pour le dîner.

La morale de cette histoire ? On n'a jamais fini d'apprendre, et les enfants, en particulier, nous surprennent toujours.

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